Laval Rockets
| Ligue | LHSBA |
|---|---|
| Conférence | Est |
| Division | North |
| Directeur Général | Simon Nicol (2020-présent) |
| Aréna | Place Bell |
| Historique du club | Laval Rocket (2017–présent) |
| Club affilié | Montreal Canadiens |
L’incroyable épopée de 2024 : l’oasis dans le désert du club-école du Canadien
L’histoire du club-école du Canadien de Montréal dans la LHSBA est un long récit de déménagements, de reconstructions, de faux départs et de frustrations. De Hamilton à St. John’s, puis de St. John’s à Laval, cette filière a souvent changé de décor sans réussir à changer durablement son destin.
Pendant plusieurs années, le club-école du Canadien a été compétitif par moments, parfois même très solide en saison régulière, mais il est rarement parvenu à transformer ces bonnes campagnes en véritables parcours marquants. Puis, en 2023-24, tout a basculé. Une équipe modeste, loin d’être une puissance annoncée, a signé une épopée spectaculaire jusqu’en finale de la Coupe Calder.
Ce parcours demeure aujourd’hui l’un des chapitres les plus étonnants de l’histoire FARM de la LHSBA. Mais les saisons suivantes ont aussi rappelé une vérité importante : un miracle ne devient une fondation que s’il est suivi d’une vraie continuité.
Les années Hamilton : une base compétitive, mais inachevée
Le premier chapitre appartient aux Hamilton Bulldogs, de 2011 à 2015. Sous Samuel Couture, le club-école du Canadien connaît d’abord des débuts respectables, sans toutefois se qualifier immédiatement pour les séries. En 2011-12, les Bulldogs récoltent 82 points, mais terminent au 6e rang de la division Nord. La saison suivante, ils obtiennent 80 points et terminent au 3e rang, mais demeurent encore exclus des séries.
Le vrai réveil arrive en 2013-14. Hamilton récolte 98 points, termine au 1er rang de la division Nord et s’impose comme une équipe de premier plan. Cette saison aurait pu devenir le début d’une grande période. Pourtant, le parcours s’arrête en demi-finale de Conférence.
En 2014-15, les Bulldogs retournent en séries avec 84 points, mais s’inclinent encore avant d’atteindre les rondes décisives. L’équipe est compétitive, mais elle reste incapable de transformer ses bonnes saisons en grande percée.
St. John’s : deux excellentes saisons, le même plafond
Le déménagement à St. John’s en 2015 donne une nouvelle identité au club-école, mais pas encore une nouvelle destinée. Les IceCaps connaissent pourtant deux très bonnes saisons sous Samuel Couture.
En 2015-16, l’équipe récolte 101 points, termine au 2e rang de la division Nord et affiche une attaque productive de 380 buts. En 2016-17, elle fait encore mieux au classement général avec 102 points, une 3e place et seulement 299 buts accordés.
Sur papier, les IceCaps sont alors une filière solide, équilibrée et dangereuse.
Mais en séries, le résultat demeure frustrant. Les deux parcours s’arrêtent en semi-finale ou en demi-finale de Conférence. Encore une fois, le club-école du Canadien prouve qu’il peut bâtir une bonne équipe de saison régulière, mais pas encore une équipe capable de se rendre jusqu’au bout.
L’arrivée à Laval et la fin de l’ère Couture
En 2017, le club-école devient le Rocket de Laval. Cette nouvelle étape commence avec une certaine continuité. En 2017-18, Laval récolte 82 points, termine au 4e rang de la division Nord et participe aux séries. Mais le parcours s’arrête encore en demi-finale de Conférence.
Puis, le recul s’installe.
En 2018-19, le Rocket glisse à 73 points et rate les séries. En 2019-20, la chute est plus lourde : 62 points, 8e rang de la division Nord et une défensive en grande difficulté avec 365 buts accordés.
Après près d’une décennie à superviser cette filière à travers trois identités différentes, Samuel Couture laisse derrière lui un bilan nuancé. Il a bâti plusieurs équipes compétitives, notamment les Bulldogs de 2013-14 et les IceCaps de 2015-16 et 2016-17. Mais il n’a jamais réussi à donner au club-école du Canadien une grande percée durable en séries.
Simon Nicol : de la misère au miracle
Simon Nicol prend les commandes en 2020, mais ses premières années sont difficiles. En 2020-21, Laval récolte 79 points et rate les séries. En 2021-22, l’équipe chute à 66 points et termine au 8e rang de la division Nord. En 2022-23, le Rocket demeure dans les bas-fonds avec 69 points et une autre exclusion.
À ce moment, rien n’annonce une grande percée. Le Rocket semble coincé dans une reconstruction lente, sans identité gagnante claire.
Puis vient la saison 2023-24.
Avec 78 points en 72 matchs et une 4e place dans la division Nord, Laval ne ressemble pas à un favori évident. L’équipe est correcte, compétitive, mais loin de dominer. Pourtant, en séries, le Rocket change complètement de visage.
Contre toute attente, Laval signe une course mémorable jusqu’en finale de la Coupe Calder. Pour une filière longtemps associée aux éliminations prématurées et aux occasions manquées, ce parcours représente une rupture majeure avec le passé.
Le Rocket ne gagne pas la Coupe Calder, mais il atteint un niveau que les versions précédentes du club-école n’avaient jamais atteint. Ce printemps 2024 devient l’oasis dans le désert : un moment rare, spectaculaire, presque improbable, qui redonne une fierté et une crédibilité à toute la filière.
2024-25 et 2025-26 : le miracle ne se transforme pas encore en culture
Après une telle épopée, la grande question était simple : Laval venait-il de bâtir une nouvelle identité, ou venait-il de vivre un parcours exceptionnel impossible à reproduire?
La saison 2024-25 ramène rapidement l’organisation sur terre. Le Rocket récolte 76 points, termine au 5e rang de la division Nord et rate les séries éliminatoires. L’équipe demeure compétitive, mais elle ne parvient pas à capitaliser sur la finale de la Coupe Calder de l’année précédente.
La saison 2025-26 apporte une légère amélioration. Laval récolte 80 points, termine au 3e rang de la division Nord, marque 251 buts et en accorde 243. Le classement est meilleur, la fiche est plus solide, et l’équipe semble plus équilibrée.
Mais malgré cette progression, le résultat final demeure décevant : une autre exclusion des séries éliminatoires.
Ce détail est important. Terminer 3e de division et rater les séries montre à quel point la marge est mince dans la division Nord. Laval n’est pas complètement retombé au fond du classement, mais il n’a pas non plus confirmé que l’épopée de 2023-24 était le début d’un nouveau cycle gagnant.
Une filière encore à définir
Le bilan du club-école du Canadien demeure l’un des plus intrigants de la LHSBA. Pendant des années, cette organisation a produit des saisons respectables sans jamais vraiment percer. Puis, en 2023-24, elle a soudainement connu le plus grand parcours de son histoire en atteignant la finale de la Coupe Calder.
Mais une seule épopée ne suffit pas à bâtir une culture.
Le défi de Simon Nicol est maintenant de transformer cet exploit en fondation. Il doit prouver que le Rocket peut redevenir une équipe de séries, puis une équipe capable de retourner loin au printemps. Les saisons 2024-25 et 2025-26 montrent qu’il reste du travail : Laval est compétitif, mais pas encore constant; dangereux par moments, mais pas encore solidement installé parmi les puissances du FARM.
Le tableau ci-dessous raconte donc l’histoire d’une filière marquée par les déménagements, les promesses incomplètes et un parcours extraordinaire qui continue de planer au-dessus du reste. Le Rocket a montré en 2024 qu’il pouvait défier les attentes. Il doit maintenant montrer qu’il peut le faire sans attendre un autre miracle.
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